Action tokenisée
défini dans le n°2Une action classique (Apple, SpaceX…) représentée par un jeton sur une blockchain, qu'on peut donc échanger 24h/24 sans passer par un courtier traditionnel.
AVS (Actively Validated Service)
défini dans le n°2Un service tiers (pont entre blockchains, oracle, couche de données…) qui « loue » la sécurité d'Ethereum via le restaking, plutôt que de bâtir la sienne.
Bons du Trésor US
défini dans le n°3Des reconnaissances de dette de l'État américain. Le placement « sans risque » de référence en finance : on prête son argent au gouvernement, il verse un intérêt. C'est là que dorment la plupart des réserves des grands stablecoins.
Carnet d'ordres
défini dans le n°4La liste, en temps réel, de tous ceux qui veulent acheter et de tous ceux qui veulent vendre un actif, avec leur prix et leur quantité. Une transaction a lieu quand un acheteur et un vendeur tombent d'accord. C'est le fonctionnement historique des Bourses, repris par la plupart des plateformes d'échange crypto. La particularité d'Hyperliquid est que son carnet est inscrit sur la blockchain, et non dans les serveurs privés d'une entreprise.
CDP (Collateralized Debt Position)
défini dans le n°5Une position de dette garantie par un dépôt. Tu bloques une crypto que tu possèdes, et le protocole te prête des stablecoins en échange — toujours moins, en valeur, que ce que tu as déposé. Ton dépôt n'est pas prêté à quelqu'un d'autre : il reste à toi, simplement immobilisé jusqu'au remboursement. L'équivalent en banque privée s'appelle le crédit lombard. Les protocoles les plus connus sont Sky (ex-MakerDAO), Liquity et Spark.
Collatéral
défini dans le n°5L'actif que tu bloques en garantie d'un emprunt. Il reste ta propriété, mais tu ne peux plus y toucher tant que la dette n'est pas remboursée. S'il perd trop de valeur, le protocole peut le vendre pour se rembourser : c'est la liquidation.
Contrat perpétuel (« perp »)
défini dans le n°4Un contrat qui suit le prix d'un actif (bitcoin, ether…) sans qu'on le possède. On choisit un sens : à la hausse (long) ou à la baisse (short). Si le prix va dans ton sens, tu gagnes la différence ; sinon tu la perds. Sa particularité : il n'a pas de date d'expiration, contrairement à un contrat à terme classique — d'où « perpétuel ».
CPI (Consumer Price Index)
défini dans le n°5L'indice des prix à la consommation américain, la mesure officielle de l'inflation aux États-Unis. Publié chaque mois, il conditionne les décisions de la Réserve fédérale : une inflation qui remonte pousse à relever les taux, ce qui rend les actifs qui ne versent aucun revenu — bitcoin compris — relativement moins attractifs. C'est pour cette raison qu'une publication de CPI fait souvent bouger le marché crypto le jour même.
DAT (Digital Asset Treasury)
défini dans le n°1Littéralement « trésorerie d'actifs numériques ». Une société cotée en bourse dont la trésorerie est massivement investie en crypto-actifs (le plus souvent du bitcoin), au point d'en faire le cœur de son activité. Acheter son action revient à s'exposer indirectement à sa réserve de cryptos. Exemple emblématique : Strategy (ex-MicroStrategy).
Delta-neutre
défini dans le n°4Une position construite pour ne plus dépendre du prix. On combine deux positions opposées de même taille — par exemple vendre un contrat perpétuel bitcoin tout en achetant la même quantité de bitcoin au comptant : ce que l'une perd, l'autre le gagne. Le prix n'a donc plus d'effet sur le résultat, et ce qui reste est le revenu produit par la position elle-même (ici le funding). Neutre au prix ne veut pas dire sans risque : le funding peut s'inverser, et la jambe vendeuse peut être liquidée si sa marge n'est pas réalimentée.
Dépeg
défini dans le n°3Quand un stablecoin décroche de sa valeur cible : un jeton censé valoir 1 $ qui tombe, par exemple, à 0,95 $. C'est le signal d'une perte de confiance ou d'un problème sur les réserves — et rien ne garantit le retour à 1 $. (« Peg » = l'ancrage à la valeur cible ; « dé-peg » = il lâche.) Cas célèbres : l'UST de Terra qui s'effondre à zéro en mai 2022 (~40 milliards de dollars partis en fumée), l'USDC brièvement tombé à 0,87 $ en mars 2023 lors de la faillite de la banque SVB, ou plus récemment l'USD0++ de Usual.
Dollar synthétique
défini dans le n°3Un jeton qui vise 1 $ sans détenir de vrais dollars en réserve. Sa stabilité ne vient pas d'un compte en banque, mais d'une combinaison de placements et de positions de marché qui se compensent (par ex. détenir de l'ETH et parier à la baisse dessus pour le même montant). Plus rémunérateur qu'un stablecoin classique, mais dépendant du bon fonctionnement de cette mécanique. Exemple : l'USDe d'Ethena.
ETF (fonds coté en Bourse)
défini dans le n°4Un fonds coté en Bourse qui détient un actif pour toi. Un ETF Bitcoin ou Ethereum achète et conserve de vrais bitcoins ou ethers ; en achetant une part du fonds depuis un compte-titres classique, on s'expose au cours de l'actif sans ouvrir de portefeuille crypto ni gérer de clés privées. C'est le véhicule par lequel passe l'essentiel de l'argent institutionnel, ce qui explique que les entrées et sorties de ces fonds pèsent sur les cours.
Funding rate
défini dans le n°4Un paiement récurrent entre les deux camps d'un marché de contrats perpétuels : le camp majoritaire paie l'autre. Comme ces contrats n'expirent jamais, rien ne force leur prix à rejoindre celui de l'actif réel — le funding sert à recoller les deux. Si les acheteurs dominent, ils paient les vendeurs, ce qui décourage le déséquilibre. Ce n'est jamais la plateforme qui l'encaisse : l'argent circule d'un utilisateur à l'autre.
IPO (introduction en bourse)
défini dans le n°2La première mise en vente publique des actions d'une entreprise sur un marché boursier.
Levier
défini dans le n°4Le rapport entre la taille de ta position et l'argent que tu as réellement déposé. Avec 100 € de garantie et un levier de 20×, tu pilotes une position de 2 000 € : gains et pertes se calculent sur les 2 000 €, pas sur tes 100 €. Repère utile : 100 ÷ ton levier donne le mouvement de prix, en pourcentage, qui suffit à effacer ta mise.
Liquidation
défini dans le n°4La vente forcée d'une garantie, quand elle ne couvre plus suffisamment la dette ou la perte. Elle est automatique : personne ne prévient, il n'y a rien à valider. Le mot recouvre deux situations qu'il ne faut pas confondre. Sur un contrat perpétuel, la position est fermée et l'essentiel de la mise est perdu ; la plateforme n'attend pas que la garantie soit à zéro pour couper, elle impose d'en conserver un petit reliquat appelé marge de maintenance. Sur un CDP, en revanche, c'est le collatéral qui est vendu pour solder l'emprunt : une pénalité est prélevée, mais ce qui reste après remboursement de la dette te revient. On ne perd donc pas tout — on perd la pénalité, et surtout le bénéfice d'un éventuel rebond.
Long (être long)
défini dans le n°5Parier à la hausse : on est long quand on gagne si le prix monte et qu'on perd s'il baisse. Détenir du bitcoin, c'est déjà être long. L'inverse — parier à la baisse — s'appelle être short. Sur les contrats perpétuels, les deux positions se prennent avec du levier, ce qui les expose à la liquidation.
LRT (Liquid Restaking Token)
défini dans le n°2Le reçu d'une position de restaking (ex. eETH d'ether.fi). Comme le LST, il reste liquide et réutilisable ailleurs en DeFi.
LST (Liquid Staking Token)
défini dans le n°2Un jeton qui représente des ethers en staking (ex. stETH de Lido). Il rapporte le rendement du staking tout en restant librement échangeable : le reçu est lui-même un actif.
LTV (Loan-to-Value)
défini dans le n°5Ta dette rapportée à la valeur de ta garantie. Emprunter 60 $ contre 100 $ de dépôt, c'est un LTV de 60 %. Point important : tu ne le contrôles qu'à moitié — si le prix de ton collatéral baisse, ton LTV remonte tout seul. Chaque protocole fixe un plafond, le LLTV, au-delà duquel la position est liquidée.
Market making
défini dans le n°4Le métier qui consiste à afficher en permanence un prix à l'achat et un prix à la vente, pour que quiconque veut échanger trouve toujours une contrepartie. Le market maker se rémunère sur l'écart entre ces deux prix (le spread). En contrepartie, il accepte de prendre l'autre côté de chaque transaction — y compris lorsque le marché part violemment contre lui.
MiCA (Markets in Crypto-Assets)
défini dans le n°4Le règlement européen qui encadre les crypto-actifs. Pour émettre un stablecoin dans l'Union, il impose un agrément, des réserves cantonnées et un droit au remboursement à tout moment. Sans agrément, un stablecoin ne peut plus être proposé aux clients européens — ce qui a conduit plusieurs plateformes à retirer l'USDT de Tether à leurs utilisateurs européens en 2026.
Mint (frapper)
défini dans le n°3Créer de nouveaux jetons. Pour un stablecoin adossé à des dollars : tu déposes des dollars et le protocole « frappe » l'équivalent en jetons ; quand tu les rends, il les « rachète » (redeem) et te rend tes dollars. Le mécanisme est le même sur un CDP, avec une différence de taille : ce que tu déposes n'est pas du dollar mais une crypto volatile mise en garantie, et les jetons frappés sont une dette que tu devras rembourser pour récupérer ton dépôt.
mNAV (multiple of Net Asset Value)
défini dans le n°3Pour une DAT (entreprise à trésorerie crypto), le rapport entre sa valeur en Bourse et la valeur totale des cryptos qu'elle détient. Au-dessus de 1, l'entreprise vaut plus que ses bitcoins : elle peut émettre des actions « chères » et les convertir en bitcoin « au prix réel » — chaque levée achète plus de BTC qu'elle ne dilue les actionnaires, donc lever des fonds crée de la valeur. À 1, elle vaut pile ses bitcoins. En dessous de 1, elle vaut moins que son trésor : émettre des actions détruit de la valeur (autant acheter le bitcoin en direct). C'est l'indicateur-clé pour juger une DAT comme Strategy.
Open interest (positions ouvertes)
défini dans le n°4Le montant total des positions encore ouvertes sur un marché de dérivés, à un instant donné. À ne pas confondre avec le volume : le volume mesure ce qui a été échangé sur une période, l'open interest mesure ce qui reste engagé. Un volume élevé accompagné d'un open interest en baisse indique que les traders soldent leurs positions ; un open interest en hausse indique que de l'argent frais entre sur le marché — et que le montant susceptible d'être liquidé grossit d'autant.
Oracle
défini dans le n°4Le mécanisme qui fournit à une blockchain une information qu'elle ne peut pas obtenir seule — au premier rang desquelles le prix d'un actif. Une blockchain ne « voit » pas le cours du bitcoin : il faut le lui livrer depuis l'extérieur. Les principaux fournisseurs sont Chainlink, de loin le plus utilisé (il alimente Aave, Compound et l'essentiel de la DeFi), Pyth, spécialisé dans les mises à jour en moins d'une seconde — ce qui en fait la référence des plateformes de contrats perpétuels —, ainsi que RedStone et Chronicle. C'est un point critique de la DeFi : qui contrôle l'oracle contrôle les liquidations.
Pool de stabilité
défini dans le n°5La réserve dans laquelle un protocole puise pour absorber les liquidations. Tu y déposes un stablecoin ; le jour où un emprunteur passe sous son seuil, ton dépôt sert à solder sa dette et tu récupères son collatéral, avec une décote en ta faveur. C'est de là que vient le rendement — et c'est aussi le risque : tu peux te retrouver avec de l'ether au lieu de tes stablecoins, précisément le jour où le marché s'effondre. Liquity en fait un usage central, avec un pool séparé par collatéral.
Réassurance
défini dans le n°2« L'assurance des assureurs » : une compagnie d'assurance transfère une partie de son risque (et des primes encaissées) à un réassureur, qui paie en cas de gros sinistres.
Réserves (d'un stablecoin)
défini dans le n°3L'ensemble des dollars (ou actifs sûrs, comme des bons du Trésor) mis de côté par l'émetteur pour garantir que chaque jeton reste échangeable contre 1 $. C'est ce qui empêche le stablecoin de s'effondrer.
Restaking
défini dans le n°2Réutiliser des ethers déjà mis en staking pour sécuriser, en plus, d'autres services (les AVS) et toucher un rendement supplémentaire. Le protocole leader est EigenLayer.
Safe harbor
défini dans le n°4Littéralement « port d'abri ». Une zone de tolérance réglementaire : tant qu'un projet respecte les conditions fixées, le régulateur s'engage à ne pas le poursuivre. Dans la proposition de la SEC d'août 2026, un projet cesse d'être traité comme un contrat d'investissement — donc comme un titre financier — une fois qu'il fonctionne sans dépendre des efforts de son équipe fondatrice.
Slashing
défini dans le n°2La sanction d'un validateur qui se comporte mal ou tombe en panne : une partie des fonds est confisquée. Avec le restaking, on s'expose en plus aux règles de pénalité de chaque AVS.
Stablecoin
défini dans le n°1Une cryptomonnaie conçue pour garder une valeur stable, généralement adossée au dollar (1 jeton ≈ 1 $). Ex. : USDC, USDT.
Staking
défini dans le n°1Bloquer ses cryptos (par ex. des ethers) pour aider à sécuriser une blockchain en Proof of Stake. En échange, le réseau verse une récompense (~2,6 %/an sur Ethereum aujourd'hui). Les acteurs qui font ce travail sont les validateurs.
Taux directeur
défini dans le n°5Le taux auquel la banque centrale prête aux banques. C'est le prix de départ de l'argent : tout le reste s'en déduit, du crédit immobilier au rendement d'une obligation d'État. Quand il monte, emprunter coûte plus cher partout et placer « sans risque » rapporte davantage — ce qui rend les actifs qui ne versent rien par eux-mêmes, bitcoin compris, relativement moins attractifs. Aux États-Unis, il est fixé par la Fed et se situe à 3,50-3,75 % (septembre 2026).
Tranching
défini dans le n°2Découper un même investissement en plusieurs niveaux de risque (les « tranches »). La tranche junior (risquée) encaisse les premières pertes et est mieux payée ; la senior (prudente) n'est touchée qu'en dernier.
TVL (Total Value Locked)
défini dans le n°1Le montant total des fonds déposés dans un protocole DeFi. Un indicateur de sa taille et de la confiance qu'on lui accorde.
Validateur
défini dans le n°1L'acteur (souvent un opérateur technique) qui valide les transactions et sécurise une blockchain en Proof of Stake. En cas de faute ou de panne, il peut être sanctionné (slashing).